Le gouvernement prétend qu’il souhaite réduire la pauvreté chez les aînés mais il maintient encore des lois qui ont pour effet d’appauvrir des conjoints survivants. Il préfère en ignorer les conséquences néfastes.

Un facteur d’isolement social                                                                                     

Lorsqu’une personne âgée perd son conjoint, sa solitude peut mener à un isolement sur le plan social. Cette possibilité est presque certaine quand cette perte est accompagnée de la privation d’une pension. On ne peut plus, alors, jouir du plaisir de rencontres sociales vécues en compagnie d’un conjoint. Cette réduction de la vie sociale entraîne souvent :

  • une dépression
  • une vulnérabilité à des abus de confiance
  • une insécurité et un sentiment d’impuissance
  • un affaiblissement des facultés cognitives

Des effets sur la santé

Karina Velji, Ex-Présidente  de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, nous a informés d’une corrélation fortement significative entre le revenu et la santé. Voici son avis :

« Les personnes ayant un faible revenu ont des taux de mortalité et de morbidité  significativement plus élevés, quelle que soit la façon de calculer le revenu. De plus, les maladies chroniques et le recours aux soins sont plus fréquents dans les populations à faible revenu. La pauvreté a aussi des effets indirects en exacerbant d’autres conditions sociales affectant également la santé telles que le logement, la sécurité alimentaire et l’exclusion  sociale. »  

Vivre dans la pauvreté

Nous avons parlé à des conjointes survivantes qui se sont retrouvées sans pension. La plupart ne peuvent pas échapper aux conséquences de la pauvreté. À chaque jour, elles font face à la sombre réalité d’une vie appauvrie et solitaire.

Nous avons constaté des conditions de vie très semblables pour elles:

  • elles ont souvent été des femmes au foyer et, parce qu’elles ont choisi cette charge de travail non rémunérée, leur rente de la RRQ ou du RPC est minime.

  • la plupart n’ont pas les moyens d’adhérer à un régime privé d’assurance-maladie et doivent payer leurs médicaments. Une survivante nous a dit qu’elle était admissible au régime public provincial mais, ironiquement, c’est seulement parce qu’elle se trouve sous le seuil de pauvreté.

  • une grande pauvreté a eu pour effet de réduire beaucoup les contacts avec d’autres personnes et la retraite est devenue une vie de solitude et d’austérité. La plupart ne peuvent se permettre de simples sorties, sauf pour des occasions comme aller à l’église le dimanche.

  • souvent, elles sont obligées de compter sur leurs enfants, ce qui crée une tension émotive particulière pour des personnes qui ont toujours tiré une fierté d’être indépendantes,

  • les dettes se sont accumulées et certaines ont été forcées de vendre leur maison pour demeurer à flot.

  • ces conjointes survivantes sont l’opposé des « croqueuses de diamants » d’une autre époque. La plupart ont vécu une relation avec un retraité « après ses 60 ans » ou « après la date de sa retraite » pendant une longue période, certaines jusqu’à 30 ans.

  • plusieurs ont aussi assumé la lourde charge d’aidante. Nous avons parlé à une conjointe qui a pris soin de son mari ainsi que de la mère de celui-ci pendant 20 ans.