Un mariage après 60 ans? Pas de pension de survivant!  

Le Bloc Québécois réagit au bris de la promesse

Quand les Libéraux ont formé le gouvernement, suite à l’élection de 2015, le Premier Ministre Trudeau a proposé d’abolir la clause « mariage après 60 ans » dans la Loi sur la pension de retraite des Forces canadiennes.   Cet objectif était inscrit dans le mandat du Ministre des Anciens Combattants et Ministre associé de la Défense.

Étant donné l’implication directe du Premier Ministre, nous nous attendions à ce que ce soit fait et, espérions-nous,  suivi de l’abolition de l’autre clause restrictive, le « mariage après la retraite » qui se trouve dans d’autres lois sur les régimes de retraite. Mais le changement n’a jamais été sérieusement envisagé et il fut abandonné au début de 2019. À la place, on a créé un programme d’assistance financière pour les veuves de militaires privées d’une pension de survivante. 

Durant le second terme du gouvernement libéral, suite à l’élection de 2019, le député Luc Desilets était le porte-parole du Bloc Québécois pour les questions touchant les Anciens Combattants et Vice-président du Comité permanent des Anciens Combattants. En mai dernier, lors d’une réunion régulière avec le ministre, Lawrence MacAulay, il a soulevé des questions au sujet de l‘abandon de l’engagement du Premier Ministre Trudeau de faire modifier la loi. Les réponses de M. MacAulay furent évasives et  insatisfaisantes.

M.Desilets décida de revenir à la charge, réaffirmant dans une lettre la nécessité d’éliminer la clause du « mariage après 60 ans » ainsi que l’autre clause restrictive du « mariage après la retraite ». Il terminait son message en pressant le ministre de réexaminer la faisabilité de ces changements dans les lois sur les pensions.

La lettre, cosignée par Mme Andréanne Larouche, porte-parole pour les dossiers concernant les Aînés et la Condition féminine et l’Égalité des genres. Elle est datée du 16 juin 2021.

Pour consulter la lettre, cliquer ici.


Votre député(e) doit être informé(e) de cet enjeu

La source de cette législation remonte à 1901 et des député(e)s à qui nous avons parlé sont étonnés qu’elle existe encore. Pendant que nous continuons de faire pression sur le gouvernement pour qu’il change la loi, votre histoire personnelle, dans vos propres mots, ajoutera une voix très importante.

Écrivez une lettre personnelle à votre député fédéral et demandez-lui pourquoi cette loi archaique devrait continuer d’exister.

Si VOTRE CONJOINT(E) sera défavorisé(e) par cette loi, parlez des inquiétudes que ça vous cause.    

Si vous êtes un(e) CONJOINT(E) SURVIVANT(E) et êtes déjà privé(e) d’une pension, décrivez les effets désastreux de cette situation dans  votre vie.

Nous sommes heureux de répondre à quelques questions qui pourraient vous venir à l’esprit et de vous fournir des suggestions pour la rédaction de votre lettre.

Des questions que vous vous posez peut-être

Est-ce que ça change quelque chose si mon député n’est pas un Libéral?

Non.  Le gouvernement est minoritaire et les partis d’opposition ont plus d’influence. Mais votre député(e) doit d’abord vous entendre.

Je suis déjà privé(e) d’une pension de survivant.  Qu’est que ça change pour moi?

Pendant que le gouvernement se traîne les pieds, de plus en plus de conjoint(e)s survivant(e)s comme vous se retrouvent dans la misère, Nous croyons que vous devriez avoir une pension. Votre député(e) peut aider mais ne pourra le faire à moins de savoir jusqu’à quel point votre vie en a été affectée.        

Y a-t-il une lettre type?

Des lettres types n’ont pas beaucoup d’effet. Pour un député, une  même lettre venant de cent personnes, c’est comme une seule lettre et elle a très peu d’influence. Par contre, si un député reçoit des lettres personnelles, les mots ont plus de signification et ça augmente les chances de provoquer une action.

Ne vous dites pas : « Pas besoin de m’en occuper, d’autres vont le faire » Il s’agit d’un enjeu majeur pour vous et votre député(e) doit vous entendre.

Est-ce qu’il faut un timbre pour poster une lettre aux députés?

Non. Quand vous écrivez à un député, il n’est pas nécessaire d’affranchir l’envoi. Nous suggérons d’écrire « Pas de timbre requis » dans le coin où l’on met habituellement un timbre.

Vous pouvez aussi utiliser le courrier électronique. Le lien ci-dessous donne la liste des député(e)s en ordre alphabétique et, en cliquant sur sa photo, vous obtenez ses coordonnées.

https://www.ourcommons.ca/members/fr/constituencies

Suggestions pour votre lettre

Vous écrivez à votre député(e) parce qu’une lettre personnelle est beaucoup plus efficace que tout autre type de communication. Vos mots ont du poids, à vous de bien les présenter.

Préliminaires  

Prenez quelques minutes pour penser à ce que vous voulez dire et notez vos idées. Cette méthode est importante car vous ne voulez pas constater, une fois votre lettre terminée, que vous avez oublié un élément.

Utilisez vos propres mots. Il peut être tentant d’emprunter des extraits d’autres documents, mais cette lettre doit parler de vous et de vos inquiétudes, Votre député(e) sera plus sensible à une note personnelle.

L’entrée en matière

Vous devez commencer votre lettre avec un énoncé clair de votre objectif de sorte que votre député(e) saura tout de suite pourquoi vous lui écrivez.      

Adoptez un ton cordial

Laissez à d’autres l’utilisation d’un ton hargneux, de menaces, ou  des « cris ». Votre député(e) sera plus porté à aider quelqu’un de courtois.             

Parlez de vous

Si vous êtes un(e) retraité(e), expliquez l’effet que la loi actuelle aura sur votre conjoint(e) si une pension de survivant(e) lui était refusée. Cela vous inquiète continuellement? Dites-le.

Si vous êtes un(e) conjoint(e) survivant(e) à qui la pension a été refusée, exposez clairement les effets que la loi a eus sur votre vie. Si, par exemple vous avez dû vendre votre maison pour survivre, informez-en votre député(e). Si vous devez avoir recours à une banque alimentaire, dites-le.  Etc.     

Posez des questions, demandez ses opinions

Ne laissez aucune chance à votre député(e) de lire votre lettre et de la classer. Posez-lui une ou deux questions qui le (la) forcent à prendre position et à vous fournir une réponse. Quelques exemples :

  • Que pense-t-il (elle) de cette loi?
  • Que pense-t-il (elle) d’une politique qui accroît la pauvreté chez les aînés?
  • Pense-t-il (elle) que c’est équitable que vous deviez vous trouver dans une situation si affreuse?
  • Si votre député(e) n’est pas d’accord avec cette loi, est-ce qu’il (elle) s’engage à faire quelque chose à ce sujet? Quoi?
  • Votre député(e) sait-il (elle) qu’il (elle) est touché(e) par une loi semblable?
  • Si des députés des autres partis entreprennent des actions, votre député(e) va-t-il (elle) les appuyer?
  • Si votre député(e) est un libéral, demandez-lui comment il concilie cette loi avec l’engagement de son parti de réduire la pauvreté chez les aînés?
  • Etc.

Soyez disponible

Pensez à fournir une adresse postale ou  de courriel ou un numéro de téléphone au cas où on voudrait vous contacter.

Exprimez votre appréciation

Les députés sont très occupés et beaucoup de gens les contactent. Assurez-vous de remercier votre député(e) pour le temps et l’attention accordés  à votre lettre.